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Famille des Felidae
Genre Leptailurus

Le Serval
(Leptailurus serval)

Leptailurus serval  
Leptailurus serval
Source: https://mail.google.com/mail/?tab=wm#inbox

 Noms usuels :  - Français : Serval - Espagnol : Gato cerval;  Anglais : Serval cat  - Allemand : Serval - Arabe : Qat Achabil.

 Description :

    Le serval à l’aspect d’un grand chat, haut sur pattes (5 doigts aux antérieures et 4 aux postérieures), à petite tête portant de très grandes oreilles et à queue courte. Les poils mi-longs, fins et doux constituent une fourrure courte. La robe présente un fond variant du jaune sable au chamois sur les parties dorsales et du blanc grisâtre en régions ventrales. Sur ce fond se superposent des taches et des raies brunes à noires. Les taches situées sur les flancs sont plus ou moins ovales. Il peut exister un autre type de robe composée d’un fond grisâtre semé de nombreuses taches très petites qui lui donnent un aspect moucheté, ce phénotype différent, souvent rencontré dans la savane guinéenne, était autrefois considéré comme une espèce différente : Leptailurus servalina ou servalin. Les griffes du serval sont rétractiles, la démarche est digitigrade. Les deux sexes sont difficiles à différencier sur le terrain. LT : 90-120cm ; LQ : 25-35cm ; HG : 45-55 cm ; Poids : 6-15kg.


Leptailurus serval
Le Serval, un félin portant de très grandes oreilles...
 Source: http://www.animalpictures123.org/pictures/serval/ 
 

Biologie :

    On rencontre le serval de la savane ouverte à la lisière de la grande forêt, le plus souvent au voisinage des cours d’eau et des marécages, dans des terrains ménageant de nombreux abris : rochers, hautes herbes, roseaux, buissons. Principalement diurne, le serval est actif dès l’aube et jusqu’au crépuscule. Il passe les heures chaudes à l’ombre ou dans son abri. On peut aussi le rencontrer après le crépuscule ou les nuits de pleine lune, dans les endroits où les rongeurs sont importants. Il est solitaire sauf en période de reproduction. Carnivore, le serval chasse en se guidant à la vue et à l’ouïe. La taille de ses proies est comprise entre celle des petites antilopes et celle de rongeurs et lièvres. La gestation dure 70-79 jours, le nombre de petits par portée est 1-5 (avec en moyenne 2-3) pour une gestation d'un an. La maturité sexuelle est atteinte entre 18 et 24 mois. La longévité est de 20 ans en captivité.

    Solitaire et nocturne, le serval est un chasseur opportuniste. Sa morphologie est adaptée à la savane car perché sur ses longues pattes, il peut observer par dessus les herbes. Son ouïe est excellente et il est capable de repérer ses proies même lorsqu’elles se cachent dans des terriers. Il est capable de pointes de vitesse impressionnantes sur de courtes distances et de faire des bonds en hauteur tout aussi spectaculaires pour capturer des oiseaux en vol. Son taux de réussite est de 50 % ce qui, dans le domaine de la chasse est une véritable performance. Le félin est remarquablement intelligent et parvient à résoudre des problèmes insolubles pour d’autres fauves. Il est capable d’uriner des dizaines fois par heure pour marquer son territoire.

    Serval en Zambie ©Photo Hans Hillewaert
Serval dans le  parc de Mundawanga, Chilanga, Zambie ©Photo Hans Hillewaert

Répartition :

    
On retrouve le serval dans les pays suivants :
    En Afrique du Nord : Algérie, Maroc, Tunisie. En Afrique australe et subsaharienne : Afrique du Sud, Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d'Ivoire, Ethiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée Bissau, Kenya, Lesotho, Libéria, Malawi, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, Nigéria, Ouganda, République Centrafricaine, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Swaziland, Tanzanie, Togo et Zimbabwe.


Observations :

    Très peu d’observations ont été enregistrées au Maroc :
« Le serval a été observé en bioclimat saharien supérieur et aride inférieur, ainsi qu’en bioclimat subhumide inférieur. L’espèce semble être extrêmement rare, avec seulement 5 localités connues depuis 1985, toutes situées dans le Bas Draa- Noun. » (Cuzin)
Dernièrement, (début 2013) une observation d’un individu contournant un lac temporaire a été faite par deux agents des eaux et forêts dans le moyen Atlas.
    En Algérie, dans le journal "Le provincial" du 20 mars 2013, un agriculteur affirme : « Dans les pièges mis en place, parfois au lieu du sanglier, nous piégeons d'autres animaux rarissimes dont le léopard du nord de l'Afrique». Ne s'agit-il pas plutôt de servals qui peuvent être confondus avec des panthères?


Conservation :

    Rare et pourchassé pour sa fourrure, le serval est désormais l'objet d'une chasse et d'un commerce protégés. Au Maroc, cette espèce mérite de rigoureuses mesures de protections, surtout après la dernière observation au début 2013 d’un individu dans le moyen Atlas. « La fourrure du serval, très élégante, est commercialisée (par exemple sur le marché de Guelmim), et est utilisée comme objet décoratif. L’espèce est protégée par la loi, mais cette protection est peu appliquée, étant donnée la facilité d’achat des fourrures. Le serval peut être, pour le moins, considéré au Maroc comme une espèce en danger, catégorie « Endangered (B1a,biii, D), selon les critères UICN 1994 (IUCN Species Survival Commission 1994). Notons cependant que, vu l’extrême discrétion de l’espèce, et les connaissances très réduites la concernant, ce statut est proposé à titre provisoire. Afin d’assurer la conservation de l’espèce, il serait indispensable que la loi concernant sa protection soit effectivement appliquée. S’il semble difficile d’empêcher les prélèvements sur le terrain, une bonne part de la commercialisation pourrait aisément être prohibée, au niveau des points de vente, qui ne sont absolument pas dissimulés. Afin d’améliorer les connaissances sur la distribution de l’espèce, les agents forestiers de terrain devraient être sensibilisés La collecte de données biologiques et le lancement de programmes de recherche permettraient de mieux suivre l’évolution des effectifs, et de cadrer les mesures de gestion. La mise en oeuvre de l’aire protégée de Foum Assaka (AEFCS 1995) est absolument prioritaire pour la protection de l’espèce. La mise en œuvre de l’aire protégée de l’Embouchure du Draa (AEFCS 1995), et du Parc National du Bas Draa (éventuellement agrandi vers l’ouest) permettraient d’améliorer les conditions de milieu pour les animaux situés les plus au sud. Une sensibilisation de la population humaine locale améliorerait les chances de survie de l’espèce dans l’ensemble de la région. » (Cuzin)

 
Bibliographie :

CUZIN Fabrice. Les grands mammifères du Maroc méridional (Haut Atlas, Anti Atlas et Sahara): Distribution, écologie et conservation. Thèse de doctorat. Laboratoire de biogéographie et écologie des vertébrés, EPHE, Université Montpellier II, 2003.

GRIMMBERGER  Eckard, et al., Atlas der Säugetiere Europas, Nordafrikas und Vorderasiens,  NTV Natur und Tier-Verlag, 2009.

HALTERNORTH Theodor & DILLER Helmut. Mammifères d'Afrique et de Madagascar, Delachaux & Niestle, 1997.

Par Oussama Abaouss


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